Le Saumurois
Historique Economique Social Les atouts
Entre toutes les villes coquettes qui se mirent dans ces flots calmes, il n'en existe guère de plus attrayante et de plus originale que Saumur. Les longues perspectives de ses quais et de ses ponts, la fierté féodale de sa citadelle massive, ses antiques clochers haussant leurs aiguilles au-dessus des jolis édifices modernes, les toits élevés et les tourelles de sa vieille Maison-de-Ville, les silhouettes fantasques des moulins à vent couronnant le coteau qui sillonne les faubourgs et sert de piédestal au château fort, les îles et les grèves éparses sur le large fleuve endormi forment un véritable tableau aux lignes harmonieusement groupées et aux détails pittoresques.
Saumur doit plaire aux goûts les plus divers et séduire aussi bien l'archéologue que le commerçant, le touriste mondain que l'artiste, par l'intérêt qu'offre son passé et la gaieté élégante que jette dans ses rues le va-et-vient des uniformes et des luxueux équipages. Tout ce pays opulent, aux vignobles renommés et aux fertiles prairies, est animé de la vitalité la plus joyeuse et la plus active.
La population dut y être extrêmement dense, resserrée dans ces curieux coteaux de tuf criblés d'excavations que des troglodytes utilisent encore comme habitations. C'est là que, durant ce Moyen Age qui fut une époque si troublée pour le Saumurois, le peuple cherchait un refuge pendant les pillages des Normands, les querelles des comtes de Blois et d'Anjou, les agitations de la guerre de Cent Ans...
On trouve ainsi, en partant du confluent de la Vienne pour descendre la Loire, Fontevrault, l'opulent monastère qui fut un temps l'asile préféré des filles de sang royal et plus loin l'église de Cunault dont la nef est un chef-d'œuvre de perspective grandiose et qui, par sa splendeur de cathédrale, atteste l'importance du prieuré d'antan.
Dans la ville même, que de monuments remarquables, annales de pierre évoquant les temps abolis et les figures disparues !
Et, au hasard de la promenade dans les ruelles pressées autour de la cathédrale ou du château, que d'amusantes et suggestives découvertes : pignons bardés d'ardoises, ou décorés de croisillons de bois aux naïves sculptures, balcons ventrus, fenêtres à meneaux, boutiques basses et cintrées et jacassaient, médisaient, ou raillaient les passants, tout en tenaillant activement les chaînons pour y fixer les grains d'ivoire ou de bois. Cette industrie saumuroise de la confection des chapelets remonte à la fin du XVIe siècle.
Mais une date chère entre toutes au cœur saumurois doit être celle de 1828. En cette année, la duchesse de Berry honora la ville de sa gracieuse présence, et les fringants cavaliers de l'École lui donnèrent le divertissement galant et guerrier d'un carrousel à la mode d'autrefois. Cette fête équestre réussit pleinement. Et chaque année, la solennité en fut renouvelée, à la grande jubilation des habitants du pays. De tous les points de la contrée, on accourt au Carrousel, et en considérant la foule immense et variée qui se presse devant les grilles, bien avant l'heure de l'ouverture, on peut se convaincre que ce spectacle d'élégance martiale constitue réellement une réjouissance populaire.
Les vins mousseux de Saumur propagèrent d'excellente façon la réputation de la jolie ville. Cette industrie, introduite en Anjou par M. Ackermann vers 1820, ne tarda pas à acquérir une prospérité surprenante. Une promenade à Saumur serait incomplète sans une excursion à Saint-Hilaire Saint-Florent, localité toute voisine, presque une banlieue de la ville, et sans une visite aux installations des grandes maisons de champagnisation.